Jeanne 2 février 2019

Le socialiste Echávarri fait face à deux procès pour prévarication

Le maire d’Alicante, le socialiste Gabriel Echávarri, doublement poursuivi pour prévarication, a signé sa démission en fonction avec effet au 9 avril pour encourager un accord des « forces progressistes » de la ville pour permettre sa succession qui est à ce jour son numéro deux au Conseil municipal, Eva Montesinos.

Echávarri a communiqué ce vendredi au siège du PSPV-PSOE à Valence après avoir présenté sa démission à l’exécutif du parti, dirigé par le secrétaire général et président de la Generalitat, Ximo Puig. Le maire l’a encore justifié comme une tentative de donner une « solution politique à un problème politique ».

Echávarri renonce ainsi, sous la pression de la direction de son parti, à la feuille de route qu’il avait lui-même tenté d’imposer pour sa succession. Le conseiller municipal avait l’intention de rester en fonction jusqu’à ce qu’il soit jugé oralement et de partir ensuite aussi longtemps que l’actuelle première adjointe au maire, Eva Montesinos, pourrait le remplacer.

En attendant, les populaires ont enregistré ce matin chez un notaire d’Alicante une motion de censure qui n’a pas, pour le moment, les supports nécessaires pour qu’elle puisse prospérer.

Echávarri est en cours de traitement avec deux conseillers pour le fractionnement présumé de 14 factures au Département du Commerce, pour un montant total proche de 144.000 euros. En outre, un autre juge vient de voir des preuves pour le juger pour avoir renvoyé un fonctionnaire par intérim qui est la belle-sœur de la porte-parole municipale du PP, Luis Barcala, pour se venger de lui parce qu’il avait dénoncé la division des contrats au ministère public.

Le premier maire d’Alicante a dirigé seul le Consistoire avec cinq autres dirigeants socialistes -sur un total de 29 conseillers municipaux que la Mairie- depuis novembre dernier, lorsque ses anciens partenaires, Guanyar Alacant (confluent de la Gauche Unie, Nous pouvons et indépendants) et Compromís, ont abandonné le gouvernement tripartite issu des dernières élections municipales par son refus de démission.

Ce vendredi matin, il a annulé sa présence dans un acte institutionnel pour se rendre au siège du PSPV, où Puig avait convoqué une réunion extraordinaire et urgente de la direction socialiste autonome pour traiter la crise. Après cette réunion, accompagné du secrétaire général adjoint du PSPV, Manuel Mata Echávarri s’est présenté devant les journalistes pour communiquer sa décision.

Le maire veut gagner du temps pour rassembler les 15 voix qui donnent la majorité absolue en plénière que les socialistes doivent investir Eva Montesinos comme maire. Son intention, a-t-il dit, est que les « forces progressistes », y compris les citoyens, s’unissent pour empêcher le PP – qui a été la liste la plus votée dans les municipalités 2015 avec huit conseillers – de récupérer le bureau du maire.

Les socialistes doivent ajouter aux leurs les votes de Guanyar (cinq conseillers), de Compromis (trois) et, au moins, le soutien d’un conseiller indépendant ou d’un membre du banc conservateur de la corporation. Echávarri préconise de vaincre « l’immobilisme » et de retirer de sa « zone de confort » ceux qui utilisent sa situation « comme une excuse » pour attaquer Ximo Puig. Dans ce sens, il a critiqué ses anciens partenaires gouvernementaux, avec qui la loyauté  » a toujours été unilatérale et jamais dans les deux sens « , mais il a nuancé qu’il n’avait de  » rancune envers personne « .

Le maire d’Alicante a qualifié d' »inhumain » le traitement qu’il a reçu ces derniers mois, qui le touche personnellement, et a insisté pour défendre son « honnêteté », après avoir souligné qu’aucune de ses deux poursuites n’est due à la corruption et prédit que les deux affaires aboutiront à un acquittement. Mata a applaudi « l’acte de générosité » qu’Echávarri a eu malgré le fait que « rien ne l’a forcé à démissionner », ce qui montre dans son opinion que les socialistes ont « les normes éthiques les plus élevées de tous ».

Les réactions de toute l’opposition étaient diamétralement opposées. Le porte-parole municipal du PP, Luis Barcala, a attaqué Puig pour avoir traité Alicante comme une « ville du tiers » en acceptant une démission « reportée ». De Citoyens, Yaneth Giraldo a averti qu’il ne négociera une sortie de crise qu’une fois que la démission « sera vraiment efficace ». A gauche, Miguel Ángel Pavón, chef de Guanyar, décrit la décision du premier maire comme une « moquerie », le traite de « cadavre politique » et exige sa démission « aujourd’hui, irrévocablement et sans condition ». Enfin, le porte-parole local de Compromís, Natxo Bellido, estime que la démission arrive « très tard », mais a garanti le soutien de son groupe à l’investiture d’un nouveau maire « progressiste ».

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